L'Unité Pastorale Le Paysan
RÉFLEXION

RÉFLEXION




Les visages de la dignité humaine

La publication de ce message coïncide avec le début de la campagne annuelle de Dévelopement et Paix . Au cours des prochaines semaines, vous pourrez lire des textes qui traiteront des différents visages de la DIGNITÉ HUMAINE et vous constaterez que Développement et Paix a su tisser des partenaires pour la rehausser.

Aujourd'hui, Caritas Mali nous présente Mme Sara Doua, une veuve de 50 ans qui devait lutter tous les jours pour nourrir sa famille. Un petit commerce lui permettait de se titer d'affaires. Pour des raisons de santé, elle l'abandonna pour se lancer dans la récolte de feuille de baobab. Elles servent à la préparation d'une sauce traditionelle au Mali.

La terrible sécheresse qui a frappé durement la région du Sahel a détruit ses récoltes, la poussant à faire du porte-porte pour survivre. En commanditant son partenaire au Mali. Développement et Paix a donné la possibilité à Caritas Mali de se procurer des denrées lui permettant de tenir durant trois mois.

Les enveloppes de Développement et Paix sont dans les bancs. Vous pouvez y déposer vos dons quand vous le désirez. Ce qui sera déposé dans ces enveloppes sera acheminé directement à l'organisme après le 5ième dimanche du carême.

Les carnets de prière sont disponibles au coût de 3$
Les images-prières sont gratuites et disponibles sur les tables.
Les boîtes ou paniers sont aussi disponibles pour la cueillette des argents pour les fleurs qui orneront nos églises à Pâques.



"La dignité humaine, c'est le droit de vivre sur sa propre terre "

La communauté autochtone Phnong, dans le village de Gati au Cambodge , a longtemps vécu dans l'insécurité. Minorité ethnique, ayant peu de droits, elle vivait dans la crainte d'être expulsée de sa terre. Il y a des conflits de territoires et récemment, une compagnie minière a creusé autour de la comunauté afin d'étendre la concession. Traditionnellement , on y cueille de la résine .

D.P.A. (Développement et Parténariat en Action) est Partenaire de Développement et Paix et aide les familles du village à se procurer des certificats de reconnaissance légale et à enregistrer les titres fonciers. "Avec un certificat de reconnaissance légale, je peux légalement céder ma terre à mes enfants", dit Khum Peak qui possède 2,5 hectares de terre pour l'agriculture et pour la culture du riz. C'est l'assurance que ses enfants n'auront pas à subir les mêmes injustices.
Voilà un autre VISAGE de la DIGNITÉ HUMAINE

texte de Développement et Paix

info : Sr Jeanne Vallée, m.i.c., coord.



 


Vers une foi adulte

Votre relation à Dieu s'est-elle transformée au fil des ans ? Il serait étonnant que nous répondiez à cette question par la négative. Bien que chaque personne soit unique, on observe que, de façon globale, la foi évolue avec les âges de la vie. L'être humain est en constante transformation et, à mesure qu'il vieillit, il y a habituellement approfondissement et maturation de sa foi.

Une foi incarnée

Dans son livre Quitte ton pays, L'aventure de la vie spirituelle ( Médiapaul 2001), le psychothérapeute Jean-Guy Saint-Arnaud retient trois moments du développement spirituel qui s'articulent autour des âges de la vie. Il parle, au départ, de l'étape de l'enfance spirituelle qui est faite d'ouverture, d'accueil et de réceptivité. À ce stade, Saint-Arnaud souligne l'importance de l'enseignement des guides et des modèles. Il souligne que c'est le moment où se consolident les bases à partir desquelles évolue ensuite la foi en Dieu.

Le deuxième stade de développement spirituel pointé par Saint-Arnaud est l' adolescence spirituelle. C'est le moment de l'éveil de la pensée personnelle, des interrogations et des remises en questions. Il s'agit ici d'un temps où tout est soumis au crible de l'esprit critique et où on retient surtout ce qui apparaît comme étant vrai pour soi. C'est un moment où l'on passe de l'objectivité du discours extérieur à la subjectivité d'une parole personnelle. C'est à cette étape que la foi s'intériorise et que l'individu s'approprie l'héritage de sa tradition.

Arrive enfin la maturité spirituelle , où les lois, les enseignement et les discours extérieurs sont pris en charge personnellement et assumés de l'intérieur, dans la liberté. Le sujet spirituel a alors fait le choix de croire et est déterminé du dedans. À cette étape. la personne avance dans la foi parce qu'elle a fait une expérience spirituelle et que celle-ci l'appelle à aller plus loin.

Devenir libre

Quelle que soit la grille de lecture utilisée, les spécialistes s'entendent pour dire que la foi évolue à mesure que l'on traverse les âges de la vie. Par exemple, la foi d'un adulte de soixante ans est habituellement plus souple et moins axée sur les signes extérieurs que celle de l'enfant. Elle intègre aussi plus facilement les paradoxes et fait une plus grande place au pardon ... aux autres et à soi-même.

Alors qu'il est tout à fait normal pour un enfant de cinq ans de recourir à la pensée magique -- axée sur le merveilleux -- pour se représenter l'action divine, un adulte d'âge mûr a accès à une image de Dieu plus nuancée. La personne mature a appris à faire le lien entre sa démarche de foi et le sens global de son existence. Sa foi lui permet alors de clarifier son projet de vie, et lui donne de plus en plus la capacité d'avancer dans l'obscurité ou l'incertitude.

La foi se développe dans la traversée des âges de la vie, avec leur lot de souffrances et d'apprentissages. Pour des personnes arrivées au troisième âge, par exemple, la découverte d'un mode d'être plus axé sur la contemplation que sur la productivité constitue un important passage à assumer.

Les découvertes de la psychologie religieuse nous permettent d'affirmer qu'il y a des étapes à la foi. L'expérience nous enseigne aussi que, c'est au coeur de sa vie en constante évolution que l'on devient progressivement un adulte dans la foi.


auteur : Pierre Chartrand,Prions en Église, 3 février 2013

 


La Sainte Famille


Aujourd'hui, il y a plusieurs modèles de famille ( valables les uns aussi bien que les autres). Et pourtant, la fête de la Sainte-Famille garde un sens.

Nous célébrons la fête de l'enracinement de Jésus dans un couple, la fête de la Sainte famille est avant tout, célébration du mystère de l'incarnation.

Jésus a reçu de ses parents et de son entourage une éducation comparable, en tous points et dans tous les domaines, à celle des jeunes garçons de son temps.

En effet, Marie et Joseph ont rencontré les mêmes difficultés que les parents ont au niveau des enfants aujourd'hui. Marie et Joseph aux prises, comme tant de parents, avec cette souffrance d'avoir un enfant "fugueur". Depuis trois jours, il n'a pas donné signe de vie !

Ce garçon de douze ans, Jésus, a bel et bien " fugué". Pour une bonne cause peut-être, mais sans prévenir. Tout parent sait que l'enfant qui grandit croit souvent pouvoir être lui-même en s'arrachant à l'emprise parentale.

La parole de Dieu nous rappelle le "rôle d'intendant " non seulement de Joseph et Marie, mais aussi de tous les parents. Ils ne doivent pas oublier qu'ils sont au service d'un mystère beaucoup plus profond : "Le mystère de la relation de leur enfant avec son origine, Dieu, son Père."

C'est le message que nous donne, me semble-t-il, la famille de Jésus : à la fois l'extraordinaire responsabilité humaine et l'absolu dépassement des liens de sang.

«Par-dessus tout cela, qu'il y ait l'amour» au sein de la famille. Car sans amour, il n'y a ni tendresse, ni bonté, ni douceur, ni support mutuel. Sans amour, la famille n'est que coquille vide, incapable d'être source de vie.


Auteur : inconnu

 


Le dernier mot de Doris Lussier


Je n'ai qu'une toute petite foi naturelle, fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète.
Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu'à une certitude.

Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison, il m'apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire que la vie humaine ne soit qu'un insignifiant passage de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.

Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, que l'âme, comme une splendeur éphémère sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections.

Il me paraît répugner à la raison de l'homme autant qu'à la providence ce Dieu que l'existence ne soit que temporelle et qu'un être humain n'ait pas plus de valeur et d'autre destin qu'un caillou.

J'ai déjà vécu beaucoup plus de la moitié de ma vie, je sais que je suis sur l'autre versant des cimes et que j'ai plus de passé que d'avenir.

Alors, j'ai sagement apprivoisé l'idée de la mort. Je l'ai domestiquée j'en ai fait ma compagne
si quotidienne qu'elle ne m'effraie plus ... ou presque
.

Au contraire, elle va jusqu'à inspirer des pensées de joie. On dirait que la mort m'apprend à vivre. Si bien que j'en suis venu à penser que la vraie mort, ce n'est pas mourir, c'est perdre sa raison de vivre. Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles et de passer de l'autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre.
Pas avant

Mourir, c'est savoir, enfin.
Sans l'espérance, non seulement la mort n'a plus de sens mais la vie non plus n'en a pas
.

Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c'est que, mourir, ce n'est pas finir, c'est continuer autrement. Un être humain qui s'éteint, ce n'est pas un mortel qui finit, c'est un immortel qui commence.

La tombe est un berceau.
Mourir au monde, c'est naître à l'éternité.

Car la mort est la porte noire qui s'ouvre sur la lumière. La mort ne peut pas tuer ce qui meurt pas, Or, notre âme est immortelle.Il n'y a une chose qui peut justifier la mort, c'est l'immortalité.

Mourir, au fond, c'est peut-être aussi beau que naître. Est-ce que le soleil couchant n'est pas aussi beau que le soleil levant ? Un bateau qui arrive à bon port, n'est-ce pas un événement heureux ?

Et, si naître n'est qu'une façon douloureuse d'accéder au bonheur de la vie pourquoi mourir ne serait-il pas qu'une façon douloureuse de devenir heureux ?

La plus jolie chose que j'ai lue sur la mort, c'est Victor Hugo qui l'a écrite. C'est un admirable chant d'espérance en même temps qu'un poème d'immortalité.

"Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme
Ouvre sur le firmament,
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement."


auteur : Doris Lussier

 


Une attitude révolutionnaire

Compte tenu de la mentalité de l'époque, l'attitude de Jésus à l'égard des femmes fut exceptionnelle,
voire révolutionnaire.

L'attitude de Jésus à l'égard des Femmes

Jésus s'est présenté comme le prophète du Royaume de Dieu, dans lequel, tous, hommes et femmes, sont appelés à participer à la liberté des enfants de Dieu, sans distinction de sexe ou de rang social. Dans sa prédication, il a favorisé les petites gens, les opprimés, les délaissés et les pauvres.


Voici quelques exemples de l'attitude révolutionnaire de Jésus à l'égard des femmes :

Dans ses paraboles, il évoque avec tendresse la vie quotidienne de la femme, avec ses anxiétés et ses joies (Mt 13,33 ). Pour offrir à tous le trésor du Royaume, il ne craint pas d'enfreindre les traditions rigides du temps :

 Il parle en public avec la samaritaine, une étrangère de surcroît (Jn 4,7).
 Il enseigne publiquement à une femme. (Lc 10,39).
 Il permet même à des femmes de le suivre et, de fait, elle lui seront fidèles jusqu'à sa mort sur une croix   (Mc 15,40).
 Il ne se gêne pas pour parler en faveur des femmes (Mc 12, 40-44; 14, 6-9).
 Il leur porte secours dans leur détresse (Mc 1, 29-31; 5,21 - 43).

Compte tenu de la mentalité de l'époque, le comportement de Jésus était inacceptable pour les bien-pensants du temps, et de ce fait, l'exposait même à la mort. C'est dire les risques que Jésus a pris en posant des gestes libérateurs à l'égard des femmes.


La prise de position de Jésus face au mariage.

Fait sans précédent, la prise de position de Jésus face au mariage constitue une reconnaissance de l'égalité entre la femme et l'homme :

 Il rejette la polygamie (Mc 10,7-8).
 Il interdit absolument le divorce (Lc 16,18).

C'est dans la même optique que, d'une part, il dénonce les désirs adultères des hommes (Mt 5,28) et que, d'autre part, il sauve de la mort la femme adultère qu'un groupe d'hommes, aussi coupables qu'elle, sont prêts à lapider ( Jn 8, 1-11 ). Jésus s'oppose par le fait même à une coutume qui ne sévissait pratiquement que contre l'adultère de la femme.

Jésus a vu les gens du regard même de Dieu, un regard d'amour qui se situe bien au-delà des préjugés socioculturels.

Son attitude vis-à-vis de la femme s'inscrit dans la même ligne que son attitude face aux opprimés, aux méprisés, aux pécheurs, bannis de la société de l'époque.


Libérateur au nom même de Dieu en ce monde d'inégalités et d'injustices.


texte de Léonard Audet, c.s.v.

 


La sagesse de l'attente

Attendre vraiment peut devenir très pénible, comme lorsque l'on attend le médecin ou le retour d'un enfant ... Chacun sait ce que signifie la véritable attente. Quand la Bible parle de sagesse dans l'attente, elle ne parle pas uniquement d'une attitude plus ou moins "zen", elle parle en fait de Dieu lui-même ; autrement dit : Dieu vient à la rencontre de l'autre et il se laisse trouver. Et l'on pourrait presque dire que la Sagesse est à nos côtés sans que nous en soyons conscients. Elle est en nous et peut accompagner toutes nos pensées. Dieu nous devance et nous est proche ... mais il faut aussi aller à sa rencontre.

Deux mouvements très réalistes pour qu'une véritable rencontre se vive : aller l'un vers l'autre. Alors la foi, je sais que Dieu fait le premier pas. Les jeunes filles vont, elle aussi, à la rencontre de l'Époux, et elles sont plus ou moins prévoyantes. Elles savent que l'attente peut être longue.


Sagesse de l'attente.

Certaines veulent vraiment réussir la rencontre et feront peu pour y parvenir. Elles prendront les réserves d'huile nécessaires à l'attente. Et peut-être que toutes ne vivront pas la rencontre de l'Époux.

Il s'agit pour nous d'intégrer que l'attente de Dieu peut être longue, qu'il peut sembler loin. Tous les signes pourtant convergent.

Il est plus près de nous que nous ne le pensons et il partage le plus intime de nous-mêmes. Cela demandera de notre part une vigilance de tous les instants. La vraie rencontre rejette toute forme de nonchalance !


texte du père Tommy Scholtès, s.j., tiré du Prions en Église "Belgique"

 


Les reproches de Jésus

Jésus, à la suite des sages d'Israël, reprend l'enseignement moral de Moïse, qui a situé l'observance des normes de la Loi comme un des éléments fondateurs de l'Alliance avec le Seigneur. La première exigence de cette observance est de ne pas détourner les commandements, en les imposant avec rigueur aux autres et en s'en protégeant soigneusement soi-même : il s'agirait d'une conduite de simulateur.

Une autre exigence plus intérieure, souvent mentionnée par Jésus, consiste à ne pas s'approprier le bénéfice moral de l'observance de la Loi. Ce niveau est plus subtil, au-delà de la simple vanité, et Jésus y surprend les pharisiens, comme toutes les " âmes " qui aiment bien paraître aux yeux des gens ou, mieux encore, aux yeux de Dieu, s'il était possible.

Jésus remet tout en perspective, dans la petite parabole du pharisien et du publicain. Le premier, plein de lui-même, se place devant les autres; il observe tous les rites à la prefection, il rend gloire à Dieu de ne pas être comme les gens qu'il méprise. Le second reste au fond et demande au Seigneur de le prendre en pitié car il a, lui, conscience de son péché.

La vraie humilité est la meilleure voie pour bien se situer devant le Seigneur car, fondamentalement, tous les bénéficiaires de l'Alliance sont égaux devant Dieu, tous les disciples sont frères. Jésus a montré le chemin : " Vous m'appelez "Maître" et "Seigneur", et vous avez raison, car vraiment je le suis, (et ) je vous ai lavé les pieds." Pour ceux qui doivent porter un titre en raison du service qu'ils exercent dans la communauté, un peu d'humour pourra aider à trouver le chemin de l'humilité ...


texte de Mgr Michel-Marie Calvet, s.m., archevêque de Nouméa

 


L'ÉGLISE, corps et sacrement du Christ

Pourquoi ces quatre qualités appliquées à l'Église, depuis au moins le IVième siècle : une , sainte , catholique , apostolique ? Une manière de les comprendre consiste à les enraciner dans le mystère même de l'Église. Celle-ci est, selon l'expression de saint Paul, le corps du Christ, sa présence prolongée dans l'espace et le temps ; elle est le sacrement du Christ, le rendant présent et agissant dans le monde (1 Co. 12,13;
Ep. 4, 11). Donc, l'Église possède ces quatre qualités parce que le Christ lui-même les possède. Voyons comment.


Le Christ est UN

Il est UN parce qu'en lui la divinité et l'humanité sont parfaitement unies. Ainsi, dans l'Église, les aspects humain et divin sont inséparables; je ne peux prétendre aimer la dimension mystique de l'Église tout en rejetant sa dimension humaine. De plus, l'humanité du Christ est parfaitement unifiée, harmonieuse, sans désordre ni chaos. De même l'Église doit être unifiée et cette unité entre ses membres ne peut venir que de sa parfaite union au Christ. Cette unité n'exclut pas la diversité : le corps a plusieurs membres tout en étant uni.


Le Christ est le SAINT de Dieu (Jn. 6,69)

C'est en lui que la sainteté de Dieu habite parfaitement. Il en est de même de l'Église. Souvent, s'adressant à ses communautés, Paul parle des Églises des saints (1 Co 14, 34).


Le Christ est CATHOLIQUE

Ce mot signifie universel. En fait, le Christ a été universel : il a accueilli les païens et les juifs, les justes et les pécheurs, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres . Donc, cet adjectif n'indique pas d'abord l'église catholique romaine. Il s'applique à l'Église parce qu'elle doit être universelle, ouverte à tous, comme le Christ.


Le Christ est APOSTOLIQUE

Il l'a été en ce sens qu'il a voulu choisir douze personnes, les invitant à le suivre afin de les instruire, de les former, et de les envoyer (c'est le sens du mot apôtre) dans le monde pour porter son message. L'Église est donc née de la foi des apôtres, et se doit de proclamer cette foi, et rien d'autre ! Elle ne peut ni ajouter ni retrancher du message du Christ révélé par ses paroles et ses gestes.


L'Église porte le germe de l'humanité parfaite

Il faudrait ajouter à cela une remarque importante : l'Église porte ces quatre qualités en même temps, comme ce qu'elle est déjà et comme projet.

Le peuple de Dieu a son terme dans le Royaume de Dieu, inauguré sur terre. destiné à s'étendre, (...) en attendant son perfectionement final à la fin des siècles ... Ce peuple subsiste au sein de l'humanité comme un germe très fort d'unité, d'espérance et de salut. (Lumen Gentium no 9).

Il ne faut donc pas s'étonner que l'Église soit en même temps sainte et pécheresse, divisée et unie, divine et ... trop humaine. Mais justement, nous sommes appelés à croire en elle, à croire que, malgré tout, elle porte en elle le germe de l'humanité parfaite dont Dieu a rêvé en la créant.


info : père Ronald Hochman,c.s.v., curé

 


Est-il possible d'avoir la foi sans la religion ?

Quand je regarde la façon dont nos contemporains parlent de leur religion, je m'aperçois qu'un grand nombre se dit croyant mais non pratiquant. En fait, ils veulent dire ainsi qu'on peut très bien croire. Mais je pense que ce n'est pas tout à fait cela que vous voulez dire ...


Définissons d'abord les termes

La religion, c'est cet ensemble de textes, de rites, de règles et de coutumes par lesquels un groupe d'homme exprime sa relation à Dieu et la vit. Par exemple : si je suis chrétien, je vais à la messe le dimanche, j'essaye de me conformer à l'Évangile et aux règles qui en découlent, et je me déclare membre de l'Église.

La foi, c'est cette relation de l'homme avec Dieu, cette reconnaissance de son existence et de sa présence, cette confiance qu'il lui exprime à travers sa pensée, sa prière ou ses actes.


Mais comment atteindre Dieu sans l'Église

Mais en même temps, il y a un prix à payer. N'allez-vous pas être contraint de vous inventer votre Dieu ou de le réduire à une "entité" transcendante, ineffable, mais dont on ne peut rien dire ? C'est d'ailleurs ce que j'ai ressenti avant d'adhérer moi-même au Christ et à son Église : Dieu, je ne pouvais rien en dire. Car comment l'atteindre ? Il ne pouvait être que le fruit de mon imagination !

Sous prétexte d'avoir une foi pure, ne devenait-elle pas vide, réduite à un sentiment face à un " tout " inconnu ? Et il n'y a que le jour où le visage de Jésus m'a séduit, où j'ai découvert en Lui le Fils de Dieu, que j'ai trouvé un chemin pour approcher Dieu, un Dieu qui parle, qui agit, qui pense ... Car Dieu en Jésus a un visage; il parle un langage d'homme; il pose des gestes d'homme; ... il devient donc accessible. Il ouvre à une plénitude de sens et peut avoir prise sur ma vie.

Mais c'est à travers un groupe d'hommes que je le découvre. Ce sont des hommes qui se reconnaissent comme ses disciples et qui croient que Jésus dit des paroles qui expriment la pensée de Dieu, pose des gestes qui disent la façon d'agir de Dieu.

Faire partie de ce groupe d'hommes, c'est accepter ma petitesse, accepter que je ne peux approcher Dieu qu'à travers des moyens humains qui sont forcément mêlés. C'est aussi accepter une solidarité. De la même manière que nous ne naissons pas à la vie tout seul, que nous ne vivons pas chaque jour sans avoir besoin des autres, de la même manière nous n'approchons pas de Dieu individuellement.

L'humanité est un vaste toile d'araignée dans laquelle chacun est dépendant des autres, et c'est même le chemin par lequel il peut se découvrir lui-même. Ainsi en va-t-il de notre connaissance de Dieu !

L'une et l'autre sont indissociables.

Il y aura toujours une tension entre Foi et Religion, entre sincérité et vérité ... Vous ne pourrez jamais choisir l'une sans l'autre, sans risquer de tuer cela même que vous voudriez habiter avec toute la pureté de votre désir. Jésus en avait bien conscience, Lui qui s'est incarné, qui s'est affaibli en prenant visage d'homme pour se révéler. Nous ne sommes pas plus grands que Lui !


texte de Sr Guy de Lachaux, prêtre

 


Une trace nouvelle


"TOUT EST À VOUS...

mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu".

Lapidaire cette définition de la liberté chrétienne !

Un lien invisible propose un chemin au fil des textes de ce dimanche.


"Tout est à vous"

Vous êtes maîtres de vos choix et de vos actes. Vous avez pouvoir sur le monde, sur les autres et sur vous-même. Ignorer ce pouvoir serait fuir votre propre responsabilité. Vous pouvez choisir la vie ou la mort, l'amour ou la haine.


"Mais vous êtes au Christ ..."

Vous êtes le temple où il a choisi d'habiter, parce que vous êtes ce temple et que vous croyez en son amour, comme lui, vous êtes appelés à revêtir un manteau de sainteté. Ce manteau reflète la couleur cachée de votre coeur. Parce que vous êtes chrétiens, chacun de vos actes affecte la beauté du temple et le visage du Christ qui se dessine en vous par vous.


"Et le Christ est à Dieu ..."

Par Lui, vous aussi , vous êtes à Dieu, vous appartenez à un " ordre " différent du monde : un ordre aux valeurs renversées, où l'amour déplace les frontières du possible et du raisonnable selon les vues humaines. Parce que tout est à vous, que vous êtes au Christ, et que le Christ est à Dieu, vous êtes appelés à vivre une forme de folie : aimer quand on ne vous aime pas, rendre le bien pour le mal, choisir la non violence. OUI, c'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que l'on reconnaîtra votre Dieu.


texte de Sr Véronique Thibault,RA

 


Un mot du Dalaï Lama

pour la fin de l'année 2010



Prenez en compte le fait que beaucoup d'amour et de grandes réussites impliquent de grandes risques.

Lorsque vous perdez ne perdez pas la leçon.

Suivez les trois R : Respect de soi, Respect des autres, Responsabilité de toutes nos actions.

Rappelez-vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois une merveilleux coup de chance.

Apprenez les règles pour que vous sachiez comment les briser correctement.

Ne laissez pas une petite dispute ruiner une grande amitié.

Quand vous réalisez que vous avez faite une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger.

Passez du temps seul chaque jour.

Ouvrez vos bras au changement mais n'abandonnez pas vos valeurs.

Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleur réponse.

Vivre une bonne vie honorable, puis quand vous obtenez plus et regardez en arrière, vous serez en mesure d'en profiter une seconde fois.

Une atmosphère d'amour dans votre maison est le fondement de votre vie.

En désaccord avec votre proche, ne traitez que la situation actuelle. Ne revenez pas sur le passé.

Partagez vos connaissances, il s'agit d'un moyen d'atteindre l'immortalité.

Soyez doux avec la Terre.

Une fois par an, allez quelque part où vous n'êtes jamais allé auparavant.

Souvenez-vous que la meilleure amitié est celle dans laquelle votre amour pour les autres dépasse votre besoin pour les autres.

Jugez votre succès par ce que vous avez dû abandonner pour l'obtenir.

Approchez la cuisine et l'amour avec un abandon téméraire.


propos recueillis du Dalaï Lama

 


NEUF EXCELLENTES RAISONS
CONTRE L'EUTHANASIE ET LE SUICIDE ASSISTÉ


Répondre à un besoin de réconfort

1- La pratique de la médecine nous enseigne que les patients qui expriment le désir de mourir le font le plus souvent parce qu'ils ont besoin de réconfort, qu'ils sont déprimés, ou que leur douleurs et leur symptômes ne sont pas bien contrôlés. Pour la très grande majorité, les bons soins médicaux, le traitement de la dépression ou l'approche palliative sont les solutions à leur demande. Les patients qui demandent à mourir changent aussi souvent d'idée avec le temps. Souvent la demande origine non pas des malades, mais plutôt des familles qui sont épuisées, alors que le malade, lui, n'a pas demandé qu'on hâte sa mort : le plus souvent, lorsque la famille est mieux épaulée, la demande disparaît. Quand il y a de la souffrance, il vaut mieux chercher à trouver un sens à la vie qui reste, développer des stratégies pour faire face aux questionnements existentiels et travailler pour les soins optimaux, que de trouver un raccourci vers la mort.

Faire mourir la douleur, non le patient

2- Faire mourir le patient n'est pas une solution pour soulager les situations dramatiques de douleur ou de souffrance terminales : le médecin à toujours le devoir de faire mourir la douleur, et non pas de faire mourir le patient. La proposition d'euthanasie marque un refus de confiance à l'égard des progrès de la science médicale. Il n'y a pas de limites imposées au médecin lorsqu'il met en oeuvre les moyens pour soulager la douleur. Ces moyens sont larges, accessibles, de plus en plus élaborés, et progressent sans cesse. Dans les cas extrêmes, la sédation profonde qui fait dormir le malade peut même être une solution ultime pour le soustraire aux souffrances jusqu'à ce qu'il meure de causes naturelles. En pésence d'états terminaux, il n'y a pas d'obstacle à l'arrêt des traitements jugés futiles ou disproportionnés par le patient ou par le médecin. Il existe toujours des issues, mêmes pour les cas plus complexes. Il n'y a pas de questions taboues sur la mort au sein de la profession médicale. Le questionnement sur l'acharnement thérapeutique et l'interruption des traitements futiles ou disporportionnés, les refus de traitement par les patients autonomes, sont au coeur de la clinique et sont abordés ouvertement et sereinement par les médecins en pratique et dans le cadre des programmes de formation. Les médecins connaissent bien la frontière qui existe entre le soulagement de la douleur et l'euthanasie.

Peu nombreuses sont les personnalités fortes.

3- Il y a néanmoins de personnes qui revendiquent sérieusement ou avec insistance l'euthanasie ou le suicide assisté. Elles sont très peu nombreuses. Les demandes sont généralement liées à la personnalité de l'individu et au besoin qu'il ressent de contrôler sa vie ... et sa mort. La très grande majorité des personnes dans une situation similaire à la leur ne demandent pas qu'on intervienne pour abréger leurs jours. La liberté et l'autonomie de la personne s'arrêtent là où elles empiètent sur celles des autres membres de la société. Une modification de nos lois pour satisfaire la demande de ce petit nombre de personnes mettra en péril la vie d'un beaucoup plus grand nombre, qui n'étaient même pas initialement visées. L'expérience des quelques pays qui se sont aventurés dans la voie de l'euthanasie et du suicide assisté démontre que les pratiques deviennent vite ingérables malgré la mise en place de contrôles et de balises : les protocoles ne sont pas respectés, les consentements non obtenus, les pressions des familles se font fortes et difficiles à gérer. Des personnes, qui ne le demandaient pas, sont mises à mort.

L'Euthanasie est une pente douce à l'exagération.

4- La dépénalisation de l'euthanasie est une "pente" qui mène inévitablement vers un glissement plus large, difficile à contrôler. Les médecins dans les pays où l'euthanasie est légale en ont l'expérience. Dès qu'on accepte de faire mourir les patients dans un état terminal et qui le demandent, on devient confronté à la demande des malades avec des handicaps et des atteintes chroniques qui les minent, puis à celle des patients avec des atteintes psychologiques, puis à s'interroger sur le sort des nouveaux-nés fortement handicapés ... qui ne demandent pas à mourir. Des personnes même jeunes et atteintes de maladies chroniques invoqueront les chartes pour qu'on ne les discrimine pas dans leur demande de suicide assisté, et qu'on les aide donc à mettre fin à leurs jours. Accepter que donner la mort peut être une solution pour un problème ouvre la porte à donner la mort pour cent autres. L'euthanasie deviendra une "issue thérapeuthique" vers laquelle des personnes se tourneront pour soulager leur souffrance, alors qu'il y a beaucoup d'autres options.

Pressions accrues sur les plus vulnérables

5- La dépénalisation de l'euthanasie et du suicide engendrerait des pressions indues sur les personnes avec des atteintes chroniques, des handicaps sévères, ou les personnes qui doivent recevoir beaucoup d'aide ou des traitements coûteux; ces personnes en viendraient à avoir le sentiment qu'elles sont un fardeau indu pour les proches ou la société, et qu'elles devraient considérer l'euthanasie ou le suicide assisté. L'euthanasie aura des retentissements défavorables sur les attitudes sociales envers les personnes gravement malades, avec des handicaps ou d'un âge avancé.

Rien ne diminue la dignité de la personne.

6- Ni la maladie, ni la déchéance physique ou psychologique, ni la douleur, ni la souffrance, ni la perte d'autonomie, ne diminuent la dignité fondamentale de la personne. La personne n'est pas indigne du fait qu'elle dépend des autres chroniquement ou lorsqu'elle se meurt. La solution pour assurer le "mourir dans la dignité" demeure avant tout dans l'approche palliative compétente, le respect, l'accompagnement et la tendresse envers ces personnes.

Perte de confiance au médecin

7- La dépénalisation de l'euthanasie et du suicide assisté repose entièrement sur une participation de la profession médicale; ultimement c'est le médecin qui est apte à porter le jugement sur l'utilité de préserver la vie ou d'y mettre fin : il se voit imposé un rôle d'arbitre. Il en résulte une perte de l'autonomie de patients, au profit d'un accroissement de pouvoir de la profession médicale sur les personnes. Pour donner un "droit de mort" au patient on doit donner un "droit de tuer" au médecin. Il s'ensuit une érosion de la relation médecin-patient, le médecin n'étant plus seulement celui qui guérit, soulage ou réconforte, mais aussi celui qui donne la mort. La mise à mort devient alors une "option thérapeutique" de la profession médicale au même titre que les autres traitements médicaux ou chirurgicaux : ce qui érode le lien de confiance envers toute la profession médicale.

Le suicide est un drame humain.

8- Bien que le suicide soit parfois revendiqué comme liberté, il demeure avant tout un drame personnel fondamentalement contraire à la nature humaine et un échec de la société. Le suicide n'est jamais sans retentissement sur les autres personnes et sur toute la société. La réponse médicale face aux tentatives de suicide a toujours été de venir en aide à la personne : elle doit le demeurer. Le médecin qui participe au suicide encouragera par son geste le suicide au niveau de la société.

Le serment d'Hyppocrate

9- L'interdit de l'euthanasie et du suicide assisté de la tradition hippocratique est plus que millénaire. Il a été une valeur forte de générations de médecins qui y ont adhéré. Il demeure empreint de sagesse et de compassion et mérite d'être défendu avec fermeté.


extrait partiel du Mémoire présenté au Collège des médecins du Québec, le 27 août 2009


info : André O Éthier,webmaistre

 


Le Seigneur appelle de toutes sortes de façons.


Il importe que nous soyons capable d'entendre les appels que le Seigneur nous lance et qu'il lance dans notre communauté. Et il en lance souvent, très souvent, des appels ! Des petits et des plus grands. Des appels pour un petit service, pour un engagement, d'autres encore pour toute la vie. Y croyons-nous ?

Le Seigneur appelle :

- à agir, quand nous avons au milieu de nous des gens qui ont faim;
- à intervenir dans une situation injuste qui sévit dans une communauté;
- à être présent et écoutant pour les personnes en difficulté dans notre communauté;
- à aimer, quand je me retrouve en face d'un ennemi;
- à transformer nos façons de faire, lorsque notre communauté doit s'adapter à des changements;
- à prier, lorsque les forces me manquent pour agir autrement;
- à recevoir le baptême, quand je perçois dans mon coeur le désir de suivre le Christ;
- au mariage, quand je veux consacrer ma vie en m'unissant à une autre personne
   et en donnant la vie à des enfants;
- à devenir membre d'une communauté religieuse,
   lorsque je me sens attiré par le charisme de cette communauté;
- à être diacre, quand je perçois l'appel à être pour le monde le signe de la charité et du service;
- à devenir prêtre, quand je ressens l'appel à servir la communauté chrétienne
   par la proclamation de l'Évangile.

À l'exemple du berger de l'Évangile, gardons le regard fixé sur le bien de ceux qui nous sont confiés. Le bon pasteur, c'est le Christ, venu pour que nous ayons la vie en abondance.


info : Ronald Hochman,c.s.v.

 


L'importance de la prière
pour l'unité des Chrétiens


Il y a cent ans, soit en 1908, un prêtre épiscopalien (anglican), Paul Wattson, inaugurait l'Octave de prière pour l'unité des Chrétiens. Nous célébrons, en janvier 2008, le centenaire de cette merveilleuse initiative. Moins de trente ans plus tard, l'abbé Paul Couturier commença son infatigable appel pour que les catholiques s'engagent à fond dans ce mouvement de prière pour l'Unité des Chrétiens. Son leitmotiv : priez pour l'unité copmme Dieu la veut, par le moyen qu'Il veut.

Parmi les plus beaux fruits de ces appels persévérants de l'abbé Couturier, il y a la réponse qu'ils suscitèrent à la Trappe de Grottaferrata. En 1937, une première soeur se sentit appelée à donner sa vie pour l'Unité des Chrétiens. En 1938, le livret de la semaine de prière pour l'unité parlait de vies offertes au sein de l'Anglicanisme, du Protestantisme et du Catholicisme pour l'unité. C'est alors, qu'une seconde trappistine de Grottaferrata, en Italie, se sentit appelée à offrir sa vie. "Il me semble effectivement que le Seigneur le veut : je m'y sens poussée même quand je ne veux pas y penser". Quinze mois plus tard, à 25 ans et un mois, le 23 avril 1939, Maria-Gabriella termine sa course avec les mots: "Merci, Pardon, Oui". La semaine de la prière pour l'Unité 2008 marquera le 25 ième anniversaire de la Béatification par Jean-Paul II de Maria-Gabriella de l'Unité.

Et voilà, le 22 avril 2001, naît la Fraternité Maria-Gabriella, "mouvement de prière catholique, à vocation oecuménique qui veut permettre à des personnes, quels que soient leur état de vie, leur confession ... de répondre à un appel de s'unir par la prière, dans une dynamique de communion et d'offrande ... pour être témoins d'un seul coeur de la Bonne Nouvelle de l'Évangile". La Fraternité invite aussi soit par la prière et la lecture ou de manière concrète à aller à la découverte du vécu chrétien de frères et de soeurs d'horizons confessionnels divers. Ici, au Canada, cette forme d'oecuménisme spirituel et d'autres sans doute, se vivent et portent des fruits.

Quand nous pensons oecuménisme, nous évoquons les dialogues théologiques entre Église et communautés chrétiennes et aussi les engagements communs pour la justice et la paix. N'oublions pas l'oecuménisme spirituel qui le soutient.


info : Lorraine Caza,c.n.d.

 


La thérapie du Silence


"Le silence est une bénédiction dans les moments de réflexion."

L'art de se taire est une discipline. C'est dans le silence que nous développons notre écoute . Mais l'usage que l'on peut en faire, en d'autres occasions, peut s'avérer être très peu bénéfique. Comme la critique dévalorisante et malveillante peut nous amener à évacuer une surcharge émotionnelle agressive, un silence, rempli de mépris ou de colère, peut être plus écrasant et blessant que des paroles. Un tel silence est motivé par le désir de punir ceux qui, croyons-nous, nous ont fait du mal ou ne pensent pas comme nous. Souvent ces gens-là vont se défouler, après les rencontres, auprès d'autres personnes aux oreilles avides de critiques, et, par le fait même, vont nourrir leur coeur souffrant.

Le silence est rempli de forces spirituelles car c'est dans le silence que ces forces travaillent. Le silence est un outil précieux pour le parrainage; souvent les autres n'ont besoin que d'être écoutés dans leurs échanges avec leur mentor. Surtout les sages connaissent les faiblesses humaines et savent quoi dire ou quoi faire dans les moments de souffrance. Juste le fait d'être entendu soulage et nourrit notre estime personnelle.

Le silence est une lame à deux tranchants. Il nous blessera si nous nous en servons pour blesser quelqu'un d'autre. Le silence peut aussi être une bénédiction si nous en profitons, avec amour et sérénité, pour faire le point et réfléchir à la façon dont nous pouvons nous améliorer et également pour être à l'écoute de notre petite voix intérieure et pour entendre ce qui se cache derrière les paroles de sagesse.

Nous ne regretterons jamais de garder le silence mais nous risquons plus de regretter les paroles dites sous le coup de la colère, de la peur ou de la peine. La colère demeure toujours mauvaise conseillère. Le silence, tout comme la parole, sont de puissants véhicules de nos émotions, de nos sentiments les plus profonds. Il est important de nous en servir non pour empêcher notre colère de se manifester mais pour exprimer une quiétude de l'esprit.

La vie trépidante, que nous menons, nous amène un flot de situations prenantes qui nous bouleversent continuellement comme : le départ d'un ami, les affronts d'une voisine, les projets qui tombent à l'eau ...; elle nous distrait continuellement. Pour contrer cette vague émotionnelle qui nous envahit, il faut se détacher de ces situations affectives pour nous concentrer sur l'Essentiel. C'est, par la Grâce de Dieu, dans le calme et le silence, que la Puissance Supérieure m'accorde ce détachement. Il faut peut-être un peu de maîtrise de soi pour nous tenir éloignés des conflits, qui affligent les personnes de notre entourage, mais c'est une merveilleuse protection pour notre tranquillité d'esprit.

J'ai prié mon Dieu, afin d'être capable de servir mes proches, tout en étant détachée émotionnellement et je vous garantis que la Grâce vient toujours au bon moment.

Il est un temps pour nous taire et un temps pour parler. Il est important de faire la sourde oreille aux critiques négatives et aux commérages, en gardant notre esprit orienté vers la gratitude et l'amour. Il faut bien mieux détourner nos yeux de ce qui nous déplaît que d'en être esclave. On ne doit cesser de nous taire que lorsqu'on a quelque chose à dire qui vaut mieux que le silence. On dit que le silence est d'or car il coûte plus que certaines paroles que nous prononçons. Le premier degré de la sagesse est de savoir nous taire, le second est de savoir parler peu, le troisième est de savoir mettre de la mesure dans nos paroles.

Après la colère, le mépris, les reproches et l'amertume, reste le silence, qui est un appel de l'âme à nous recueillir en nous-même. Le silence, c'est l'apaisement de la colère et de l'emportement. C'est un drapeau blanc devant l'adversité, un oasis de paix dans notre coeur. Quand notre âme se tait devant nos colères, nos ressentiments, notre haine, notre apitoiement, quand elle refuse de leur tenir tête, c'est qu'elle veut retrouver la paix. Il est très important de nous rappeler que, dans nos moments de souffrance, soit morale soit physique, nous habitons tous dans le coeur de Dieu, rempli de Silence, de Lumière et d'Amour.

Merci d'être dans notre vie.


auteur : Patricia R, membre des A.A. texte adapté par A O Éthier

 


La foi face à la mort


"Vous au moins, vous avez bien de la chance de croire !"

Qui d'entre nous n'a pas entendu cette remarque à l'occasion de l'enterrement d'un parent, d'un ami ou d'un collègue de travail ? Il est, en effet, des incroyants qui, à l'occasion d'un deuil ou d'une souffrance un peu publique, envient notre foi.

Eh bien oui, c'est vrai, nous avons de la chance de croire. Oh ... non pas que ce soit toujours facile, ou que nous ayons réponse à tout ! ... mais il est vrai que la résurrection de Jésus éclaire pour nous, d'un jour tout à fait nouveau, cette expérience douloureuse que nous faisons tous de la mort d'un parent ou d'amis. Et cette foi est même telle, qu'elle nous pousse à une triple audace, lorsque nous osons regarder la mort en face, dans un monde qui cherche à la camoufler, lorsque nous nous refusons à justifier l'absurdité de la mort alors qu'on nous demande spontanément d' "innocenter" Dieu - comme si Dieu voulait la mort ! -, et lorsqu'enfin nous faisons remarquer que la vraie mort n'est pas toujours celle qu'on croit.

Oser regarder la mort en face

Voilà bien une première audace dans notre société qui a si peur de la mort qu'elle recourt à toutes les périphrases pour ne pas avoir à prononcer ce mot, "mort". On dit "défunt", "décédé" ou "il dort pour l'éternité", on n'ose pas dire qu'il est "mort". C'est un mot trop cru, trop chargé d'émotivité. On préfère dire qu'il est "disparu" ou qu'on a "perdu un parent" au lieu de dire qu'il est "mort". En envisageant la mort d'une personne, on se garde bien d'employer le mot tabou, mais on dit : "... qu'il lui est arrivé quelque chose !..., on ne sait jamais ..."

Taire la mort, voilà ce que notre société s'évertue à faire ... la masquer, la gommer au maximum. Finis les rites de deuil, les tenues en noir !... Même les corbillards se confondent à la grisaille du tissu urbain. Les moeurs modernes nous incitent à venir mourir à l'hôpital, dans un isoloir, entre deux paravents, pour ne pas gêner les regards ... le plus souvent loin de chez soi. Même mort, au salon les gens s'enivrent de propos mondains et ludiques pour ne pas voir la mort étendue dans un cercueil. Oui, c'est une fameuse audace, aujourd'hui, que d'oser regarder la mort en face ... tout comme c'est une fameuse audace que de se référer à son message de salut, à la mort d'un crucifié, le vendredi saint, à Jérusalem. Songez que le Credo ne gomme rien, n'atténue rien à la réalité horrible de la mort de Jésus : "il est crucifié, est mort et a été enseveli"

Eh, oui, ce crucifié de Jérusalem qu'au long des siècles, les chrétiens, après les apôtres, déclarent Vivant, ce crucifié qui a pris notre mort pour nous donner sa vie, celui-là donc nous libère de ce tabou qu'est la mort, et nous invite à la regarder en face, pour l'affronter lucidement.

Mais notre audace de chrétiens va encore plus loin !

Nous essayons de regarder la mort sans tricher et, plus encore, nous nous refusons à la justifier. Nous ne voulons pas cacher son côté absurde, et n'avons pas à justifier l'injustifiable.

Sans doute, vous est-il arrivé d'être pris à part par des collègues ou amis révoltés à la suite d'un deuil ? "Ton bon Dieu, pourquoi laisse-t-il faire des choses pareilles ?" Quiconque a souffert comprend cette révolte et, par respect pour cette personne qui souffre, évitera les pieuses paroles de consolation un peu faciles.

D'ailleurs, je n'ai pas à "innocenter" Dieu, pour la bonne et simple raison que Dieu ne veut pas la mort. "Il ne se réjouit pas de la perte de vivants" déclare l'auteur de la Sagesse dans la Bible. À cette question: "Pourquoi la souffrance ? Pourquoi la mort ?" Je n'ai pas de réponse toute faite. Mais, mieux, qu'une réponse théorique, la foi de l'Église m'offre le visage d'un Dieu, venu partager les souffrances des hommes, et jusqu'à la mort, pour les inviter à traverser avec Lui la mort. Oui, c'est vrai, la résurrection de ce crucifié éclaire pour nous d'un jour tout à fait nouveau sa mort et notre propre mort !

Désormais, en effet, toute souffrance est un peu sa souffrance; toute mort participe à la mort du Christ; le plus solitaire des vieillards ou des malades peut se reconnaître en Jésus crucifié et attendre de Lui la résurrection.

Bien loin de vouloir la mort, nous reconnaissons que nous touchons là au mystère de Jésus crucifié. Mieux que de grands discours pour justifier la mort, Dieu nous donne son Fils pour la combattre de l'intérieur même. Rappelons-nous ce mot de Pascal : "Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde. Il ne faut pas dormir pendant ce temps-là".

Enfin, troisième et dernière audace,

après avoir regardé la mort en face
et après avoir renoncé à vouloir à tout prix la justifier :

nous refusons de nous laisser aveugler par les larmes,
car la vraie mort n'est pas toujours celle qu'on croit !

Jésus lui-même nous met en garde : "Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme. ... Craignez plutôt Celui qui peut faire périr âme et corps !" Il y a des vies qui n'en sont pas, et, comme le dit la Bible, "il y a des gens qui, à peine nés, ont quasiment cessé de vivre, tant leur vie semble inconsistante". Il y a des gens qui vivotent; il y a des morts-vivants, tels ces Pharisiens à qui Jésus dit en substance : "Mais regardez-vous : vous êtes de véritables sépulcres, de véritables tombeaux, car votre vanité vous empêche de vivre !" Oui, la vie que nous promet Jésus, c'est bien d'autre chose que la survie biologique. Cette vie qu'il nous promet, elle est déjà commencée pour ceux qui n'ont pas peur de suivre ses pas. Et cette vie-là, elle n'est pas près de finir !

Oui, nous avons bien de la chance de croire en Jésus Ressuscité !
Grâce à Lui, nous pouvons regarder la mort sans tricher.
Grâce à Lui, nous pouvons traverser la mort sans nous y arrêter.
Grâce à Lui, notre vie quotidienne a un goût d'éternité.

Devant la mort qui nous fait souffrir, faisons donc nôtre, avec confiance, la prière du bon larron : "Jésus, souviens-toi de moi quand tu seras rendu dans ton Royaume !"


auteur inconnu mais texte adapté par A O Éthier

 


On ne croit pas tout seul.


Nul homme n'est chrétien tout seul, pour lui-même, mais en référence et en lien à l'autre, dans l'ouverture à une différence appelée et acceptée avec gratitude. Cette passion de l'autre n'est pas une nature primitive à retrouver, elle ne s'ajoute pas non plus comme une force de plus, ou un vêtement, à nos compétences et à nos acquis; c'est une fragilité qui dépouille nos solidarités et introduit dans nos forces nécessaires la faiblesse de croire. Peut-être une théorie ou une pratique devient-elle chrétienne lorsque, dans la force d'une lucidité et d'une compétence, entre, comme une danseuse, le risque de s'exposer à l'extériorité, ou à la docilité, à l'étrangeté qui survient, ou à la grâce de faire place - c'est-à-dire de croire - à l'autre ? Ainsi "l'itinérant" d'Angelus Silesius, non pas nu mais dévêtu :

" Vers Dieu je ne puis aller nu mais je dois être dévêtu. "


extrait du livre, La faiblesse de croire de Michel de Certeau, p313-314

 


Message du pape Benoît XVI
pour la journée mondiale des malades


"... À présent, je m'adresse à vous, chers frères et chères soeurs, qui souffrez de maladies incurables et êtes en phase terminale. Je vous encourage à contempler les souffrances du Christ crucifié et à être en union avec lui. À vous adresser au Père avec une confiance totale dans le fait que toute la vie, et la vôtre en particulier, est entre ses mains.

Sachez que vos souffrances, unies à celles du Christ, se révèlent fécondes pour les nécessités de l'Église et du monde. Je demande au Seigneur de renforcer votre foi dans son amour, en particulier pendant ces épreuves que vous affrontez. J'espère que, où que vous soyez, vous trouverez toujours l'encouragement et les forces spirituelles nécessaires à alimenter votre foi et à vous guider plus près du Père de la vie. Par l'intermédiaire de vos prêtres et de leurs collaborateurs, l'Église désire vous aider et être à vos côtés en vous assistant dans les moments de nécessité, c'est-à-dire en rendant présente la miséricorde bienveillante du Christ envers celui qui souffre."


message de Benoît XVI

 


Fête de la Pentecôte


Sans l'Esprit Saint,
Dieu est lointain,
le Christ reste dans le passé,
l'Évangile est une lettre morte,
l'Église est une simple organisation,
l'autorité est une domination,
la mission est une propagande,
le culte est seulement une évocation,
l'agir du chrétien, une morale d'esclave.

Mais avec l'Esprit Saint,
le cosmos est soulevé et gémit dans l'enfantement du Royaume,
le Christ ressuscité est là,
l'Évangile est puissance de vie,
l'Église signifie communion,
l'autorité est un serviteur libérateur,
la mission est une Pentecôte,
la liturgie est un mémorial,
l'agir humain est déifié.


texte : Ignace de Lattaquié, patriarche de l'Église orthodoxe

 


Conversions impressionnantes


Durant la dernière campagne électorale, devant le manque de discours politiques sur les besoins des pauvres et des démunis, une station de télévision nous présentait pendant plusieurs soirées, des entrevues avec des personnes éprises d'alcool, de narcotiques etc. À chaque fois, j'étais ému par le cheminement imprévisible vers la réhabilitation. Qui aurait pu prévoir un tel revirement ? Pour le croyant que je suis, je ne pouvais m'empêcher d'y voir l'oeuvre de Dieu ! Tous retrouvaient le chemin de la communauté par la voie du bénévolat et de l'entraide en voulant aider d'autres personnes à s'en sortir : c'est surprenant comment ils devenaient "créateurs de vie".

L'Évangile d'aujourd'hui nous révèle l'ingéniosité de personnes qui sont prêtes à tout pour sauver une vie : on ne peut pas rester indifférent devant une telle ingéniosité et en même temps devant un geste aussi fraternel. Pour bien voir cela, il faut emprunter le regard de Jésus et constater qu'il y a des multiples chemins pour aller à Dieu mais nos normes " correctes" nous feront voir ces choses comme les scribes au lieu de nous mettre en action de grâce devant cette imprévisibilité de Dieu.

Il nous faut devenir une Église à l'écoute des nouveaux besoins spirituels et, éclairés par la bonté et la miséricorde de Dieu, des porteurs de brancards pour ouvrir le chemin à ces frères et soeurs qui souffrent non pas seulement physiquement mais spirituellement. Ne mettons pas d'obstacles devant eux mais plutôt facilitons-leur leur chemin vers le pardon.


texte : Maurice Comeau, ptre

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